BIBLIOGRAPHIE SELECTIVE

Ouvrages, rapports et articles

BEETLESTONE, E. et al., 2011. « Le soutien par les pairs dans une maison des usagers en psychiatrie. expériences et pratiques », Santé Publique, hors série n°23 : pp : 141-153.

Résumé: Depuis peu, les associations d’usagers de la psychiatrie ont acquis une place parmi les acteurs de la santé mentale. Leurs actions au niveau individuel, fondées sur le soutien par les pairs, ont lieu au sein de différentes activités, comme les « groupes de parole » ou encore dans le cadre des GEM (groupes d’entraide mutuelle). Une enquête qualitative, basée sur une méthodologie ethnographique, a été menée à la Maison des usagers du centre hospitalier Sainte-Anne à Paris, où des bénévoles d’associations tiennent des permanences. L’étude rend compte de l’expérience et des pratiques de membres d’associations assurant un rôle de « pair-aidant » dans l’objectif d’amener des éléments de réflexion sur l’apport des associations d’usagers pour les personnes soignées en psychiatrie. Les résultats de l’enquête montrent que les « pair-aidants » à la Maison des usagers ou au sein de groupes de parole, partagent une expérience du « rétablissement », et des pratiques communes de soutien par les pairs. Ces pratiques répondent aux demandes de personnes souffrant de troubles psychiques, exprimées à différents temps de leur démarche de soin. Nous avons identifié quatre composantes principales du travail de soutien par les pairs. L’étude montre la spécificité de ce type de pratique parmi les différentes ressources existantes dans le champ de la santé mentale.

BERGAMASCHI M., “Un passé qui ne passe pas: l’operatori pari dans les centres d’hébergement”, in AA.VV, Au temps du sans abrisme.
Enquête de terrain et problème public, (in press).

Résumé de l'auteur: À partir d'une recherche menée dans deux centres d'hébergement nocturne pour SDF de Bologne, je focaliserai l'attention sur les « operatori pari 1 », personnes qui ont vécu l'expérience de la rue et qui travaillent aujourd'hui en tant qu'opérateurs sociaux dans de nombreuses associations intervenant dans le domaine du sans-abrisme.

J'ai comparé différentes modalités de travail des operatori pari dans les centres d'hébergement, en vue d'éclairer le rôle qui leur est attribué et leur contribution au travail social. Quelle est la place du travail, toujours précaire et mal rétribué, dans la biographie de ces ex-SDF ? Quel rapport ont-ils avec les autres opérateurs ? Comment leur présence redéfinit-elle les services ?

L'operatore pari s'est imposé en tant que dernière frontière du travail social et dans de nombreux services, il a désormais un rôle crucial. Face aux sans-abris, on reconnaît que les seules compétences professionnelles (assistant social, éducateur, psychologue, etc.) ne sont pas suffisantes. D'autres ressources s'avèrent nécessaires, et il y a un grand besoin d’opérateurs susceptibles d'éclairer l'expérience de la rue de l’intérieur. Leur présence contribue à modifier les principes et les pratiques structurant l'organisation des services et redéfinit l'équilibre et les relations, du moins partiellement, entre les différentes figures et fonctions du travail social. L'operatore pari ne possède ni diplôme ni titre professionnel spécifique, mais il a vécu des expériences analogues à celles des personnes prises en charge telles que : la dépendance aux substances psychoactives, la prison, la vie dans la rue. Son travail n'est donc légitimé que par sa capacité de comprendre les savoirs, l'histoire et les attentes de ces personnes. L’operatore pari est donc porteur d’une plus value à l’intérieur du service dont le fondement est l’expérience directe de la vie dans la rue.

 

BRAJEUL, C., 2017 Psychiatrie : La gêne du corps médical face aux « pairs aidants »  , in Lemonde.fr, <http://www.lemonde.fr/sciences/article/2017/04/25/psychiatrie-la-gene-du-corps-medical-face-aux-pairs-aidants_5117113_1650684.html> 25 avril. [en ligne]

Une association a été fondée pour promouvoir l’emploi de ces nouveaux professionnels dans des unités de soins mais leur présence reste contestée.

CHARLIER, É., SANDRON, L., 2018. « Les pairs aidants : vecteurs ou victimes de précarisation du travail social ? », Le sociographe, 2018/4 (n° 64), p. 71-83.

Résumé: "la pair-aidance est une nouvelle forme d’accompagnement de publics vulnérables qui résulte de différentes transformations sociales (Chauvière, 2018), d’un changement progressif de la place des usagers et de la prise en compte du savoir expérientiel (Godrie, 2016). Ainsi, les personnes ayant connu des difficultés psycho-médico-sociales, ayant amélioré leur qualité de vie par le rétablissement ou l’empowerment et étant désireuses d’aider ceux qui vivent des situations similaires peuvent désormais être engagées dans des équipes pluridisciplinaires en tant que pairs-aidants. L’émergence de ce métier, même s’il est porteur de nombreux effets positifs pour les publics, les équipes et les pairs-aidants, témoigne d’une précarisation du travail social. Dans un contexte de mutations sociétales (Avenel, 2017), ces nouveaux intervenants peuvent être vecteurs, mais aussi victimes de cette précarisation (Doughty et Tse, 2011).

Après une définition de la pair-aidance, cet article met en lumière l’ambivalence de la précarisation supposée du travail social par les pairs-aidants. Il met aussi en évidence différents aspects de la précarité partagée entre intervenants sociaux et pairs-aidants."

DEMAILLY, L., (dir.), 2014. "Le dispositif des médiateurs de santé pairs en santé mentale : une innovation controversée, Rapport final de la recherche évaluative qualitative sur le programme expérimental 2012-2014", Lille, Septembre 2014. Convention de recherche
CLERSE USTL Lille 1/CCOMS EPSM Lille -Métropole.112p.

 

DEMAILLY, L., 2014. « Les médiateurs pairs en santé mentale, une professionnalisation incertaine », La nouvelle revue du travail.

Résumé: L’article étudie la tentative de créer un nouveau métier, celui de « médiateur de santé pair » en santé mentale. Les MSP sont d'ex-patients de la psychiatrie, en voie de rétablissement, embauchés comme médiateurs dans des services psychiatriques publics de trois régions françaises, au cours d’un programme expérimental (2012-214). L’idée de « créer un nouveau métier hospitalier » est présente dès le début du programme. L’originalité sociologique de l’objet est, d’une part, qu’il s’agit, non d’un processus émergent, mais d’une tentative de création volontariste, d’autre part, que le projet s’attaque à des frontières symboliques fortes, enfin, que le programme dispose de solides soutiens institutionnels français et internationaux, mais aussi d’adversaires résolus. L’article étudie la stratégie du réseau promoteur dans le contexte français et international d’une telle innovation, ses hésitations, ses enjeux, les difficultés qu’il rencontre, et contribue ainsi à la théorie sociologique des groupes professionnels et à la connaissance des dynamiques actuelles du champ de la santé mentale.

DEMAILLY, L., GARNOUSSI, N., 2015. Le savoir-faire des médiateurs de santé pairs en santé mentale, entre expérience, technique et style, Sciences et action sociale, n°1.

Résumé: L'article présente une recherche sur les savoir-faire d'acteurs apparus récemment dans le champ de la santé mentale en France, les Médiateurs de santé pairs (MSP), (ex)-patients de la psychiatrie embauchés par les équipes de soin psychiatrique public, dans le cadre d'un programme expérimental dirigé par le CCOMS de 2011 à 2014. Ce programme a pour but la transformation des représentations des soignants, la déstigmatisation et l'empowerment des patients. Il est animé par une philosophie du « rétablissement » (au sens anglo-saxon de recovery) et de la valorisation des savoirs profanes : l'utilité spécifique des MSP relèverait d'un « savoir expérientiel » produit par le vécu de la maladie mentale et du soin. Après avoir dégagé en quoi peuvent consister les savoirs d'expérience des MSP, nous proposons de les concevoir comme « savoir y faire avec la domination ». Puis nous décrivons, dans leur professionnalité en émergence, trois modes de construction d'un savoir-faire décrit en termes de style et/ou de techniques : ils correspondent à différentes manières d'exploiter ou au contraire d'euphémiser le « savoir expérientiel » et à des visées distinctes en termes de transformation de la normativité soignante dominante.

DIHAL & Fédération des acteurs de la solidarité, 2019. Développer le travail pair dans le champ de la veille sociale, d l'hébergement et du logement.

La publication permet de recenser les pratiques existantes d’embauches de travailleurs pairs, de mettre en avant des pratiques innovantes et de proposer des outils pour permettre aux structures qui le souhaitent d’embaucher des travailleurs pairs.

https://www.federationsolidarite.org/images/stories/PDF/Guide-Travail-Pair.pdf

GARDIEN E., 2018. « De l’utilité des groupes de pairs pour produire des savoirs fondés sur l’expérience : l’exemple des entendeurs de voix », Participations, 2018/3 (N° 22), p. 29-51

Résumé: "Cet article propose d’analyser, à l’aune de la conceptualisation de la participation sociale issue du modèle du Processus de production du handicap (PPH), une forme effective de participation des personnes handicapées se déroulant hors des dispositifs conçus par les politiques publiques françaises : les groupes d’entendeurs de voix. Au-delà des débats scientifiques déjà bien entamés, tels les rapports entre savoirs profanes et savoirs scientifiques, les injustices épistémiques ou encore l’évaluation de l’efficacité du travail des pairs et de leurs apports aux professionnels des secteurs de la santé mentale, du social et du médico-social, ce sont ici les apports spécifiques de ces groupes de pairs qui sont éclairés : les savoirs expérientiels, ainsi que le travail sur les facteurs environnementaux facilitant leur émergence. Le matériau d’enquête mobilisé a été recueilli dans le cadre d’une ethnographie du mouvement des entendeurs de voix débutée en 2013 et toujours en cours."

GARDIEN E., 2017. L’accompagnement et le soutien par les pairs, PUG, Collection : Handicap, vieillissement, société, 216p.

Résumé:Les pratiques d’accompagnement et de soutien par les pairs concernent les individus décidés à faire face aux épreuves et à se prendre en main, avec le soutien de leurs pairs. Aujourd’hui en France, elles connaissent un nouvel élan. Fondées sur l’échange et la coconstruction de savoirs originaux, issus de l’expérience du handicap, de la maladie ou des troubles de la santé mentale, elles offrent des solutions aux problèmes du point de vue des personnes concernées. Compte tenu de l’augmentation du nombre d’individus amenés à connaître la dépendance et la perte d’autonomie en raison de leur âge ou de leur santé, ces savoirs sont une contribution importante à notre société. C’est la première fois qu’une étude est publiée sur ce sujet. Elle intéressera les professionnels de la santé, du social et de l’accompagnement, et, plus largement, toutes les personnes en situation de handicap et leur entourage.


GIRARD V., (dir.), 2006. « La relation thérapeutique sans le savoir. Approche anthropologique de la rencontre entre travailleurs pairs et personnes sans chez-soi ayant une cooccurrence psychiatrique. », L’Évolution psychiatrique, n°71 (janvier-mars), pp : 75-85 .

Résumé: Nous avons recueilli des données lors d'une recherche ethnographique d'un an au sein d'une équipe de travailleurs pairs, dans la ville de New Haven (États-Unis). Nous proposons, à partir de cette expérience, une approche phénoménologique de la relation thérapeutique en étudiant trois types de relations que des catégories professionnelles distinctes (psychiatre, anthropologue, travailleur pair) entretiennent avec ces personnes à la fois malades et sans chez-soi. Du fait des interactions souvent problématiques des personnes sans chez-soi avec les institutions, dans le travail de rue la difficulté est d'abord de créer une relation de confiance, dont la construction peut être longue et chaotique. Parce qu'ils les ont éprouvés, les pairs connaissent à la fois le contexte de la rue, la condition de sans chez-soi et l'expérience de la maladie. Cette dernière comprend non seulement le fait d'avoir été l'objet d'une catégorisation psychiatrique mais aussi les conséquences de celle-ci, l'interaction avec les institutions en tant qu'usager, et surtout l'expérience d'un processus avancé de recovery. Ils possèdent une compétence singulière qui permet d'améliorer l'accès aux soins de ces personnes. La question de la bonne distance thérapeutique est revisitée par le travail des pairs. Valoriser ce savoir expérientiel par la professionnalisation des pairs est un acte de reconnaissance d'un capital culturel singulier et de démocratie sanitaire.

GODRIE, B., 2016. « Révolution tranquille. L’implication des usagers dans l’organisation des soins et l’intervention en santé mentale ». Revue française des affaires sociales, no 2 (22 juin 2016), pp : 89-104.

Résumé: L’implication de personnes avec une expérience vécue des problèmes de santé mentale dans l’organisation des soins de santé mentale ne cesse de gagner du terrain, mais elle soulève encore de vives résistances de la part des professionnels de la santé mentale. Cet article dresse un bilan de leur implication au regard de la littérature scientifique internationale, en distinguant leur implication dans l’organisation des soins et dans l’intervention clinique en santé mentale. Si leur présence n’a pas pour effet de bouleverser le champ de la santé mentale, tant dans la façon dont les soins se donnent que dans la préséance toujours accordée aux savoirs professionnels sur les savoirs acquis au cours de l’expérience, elle a toutefois contribué à améliorer l’accessibilité et la qualité des soins, à promouvoir le respect des droits des patients et à mieux prendre en compte leur réalité.

 

GODRIE, B., 2014. "Savoirs d’expérience et savoirs professionnels : un projet expérimental dans le champ de la santé mentale". Thèse présentée à la Faculté des Arts et Sciences en vue de l’obtention du grade de Ph. D en sociologie, Montréal (Canada).

Résumé: Cette thèse est une réflexion d’épistémologie sociale sur la construction des savoirs professionnels et expérientiels portant sur les problèmes de santé mentale ainsi qu’une exploration de leurs rapports à partir d’un projet de recherche montréalais. Ce projet fédéral de recherche et de démonstration visait à évaluer l’impact de l’approche Logement d’abord auprès de personnes avec des problèmes de santé mentale en situation d’itinérance. À Montréal, des pairs, avec une expérience vécue des réalités de la santé mentale et de l’itinérance, ont été impliqués dans le projet de recherche aux côtés d’intervenants, de gestionnaires et de chercheurs. Au fil des mois, leur présence a eu des effets contrastés, contribuant parfois à renforcer les barrières entre les savoirs et les hiérarchies professionnelles en présence dans le projet, et, à d’autres occasions, à les surmonter et entrer dans un processus de co-production de nouveaux savoirs et pratiques. L’analyse des rapports entre les savoirs en présence dans le projet souligne leur caractère complémentaire dans l’intervention publique dans le domaine des services sociaux et de la santé et les forces de l’approche expérimentale mise en œuvre. La thèse offre également une contribution à la littérature sur la participation citoyenne en proposant une réflexion sur la capacité des citoyens à transformer les institutions publiques. Les données analysées sont issues d’un terrain de deux ans mêlant observations de la participation des pairs et une cinquantaine d’entretiens individuels et collectifs réalisés auprès de pairs aidants, intervenants, chefs d’équipe, psychiatres, gestionnaires et chercheurs.

 


JACOBSON, N., TROJANOWSKI, L., et DEWA, N., 2012. « What do peer support workers do? A job description ». BMC Health Services Research n°12.

Abstract: The extant literature suggests that poorly defined job roles make it difficult for peer support workers to be successful, and hinder their integration into multi-disciplinary workplace teams. This article uses data gathered as part of a participatory evaluation of a peer support program at a psychiatric tertiary care facility to specify the work that peers do.

LE CARDINAL, P., ROELANDT, J-L., RAFAEL F. et al., « Pratiques orientées vers le rétablissement et pair-aidance : historique, études et perspectives », L'information psychiatrique, 2013/5 (Volume 89), p. 365-370.

Résumé: "Dans cet article, nous relaterons, dans un premier temps, l’historique du concept de recovery, couramment traduit en français par le terme de « rétablissement », ainsi que ses applications pratiques. Comment s’est construite cette approche ? Quelles en sont les applications pratiques et les limites dans le champ de la santé mentale ? Quels rapports envisageables avec la réhabilitation psychosociale ? Nous ferons, dans un second temps, un tour d’horizon de différentes études internationales qui se sont attachées à évaluer le concept de « pair-aidance », issu de ce mouvement pour en déterminer les enjeux et les perspectives."

 


MCCLUSKEY, I., 2016. "Pair praticien en santé mentale. L’émergence d’une nouvelle profession", Dépendances, n°57 (mars 2016).

Résumé: Un pair praticien est un usager des services de santé mentale qui a suivi une formation pour intervenir, à partir de son expérience de la maladie, dans le milieu de la psychiatrie – domaine des addictions inclus. Son champ d’action se divise en deux axes : il peut, d’un côté, accompagner les personnes en souffrance et, de l’autre, représenter les usagers auprès des autres professionnels de la santé.


PASQUIER, S. et RÉMY, J., 2008. « Être soi peut-il être professionnel ? Le cas des médiateurs sociaux », SociologieS

Résumé: L’apparition des médiateurs sociaux dans certains quartiers ou espaces publics, les conditions de leur recrutement et de leur activité interrogent leur reconnaissance professionnelle. Conduits à créer leur métier à partir d’eux-mêmes, sur la base de leur vécu passé et au coup par coup des interventions, leur identité professionnelle ne peut se démarquer de leur identité personnelle. Ils représentent donc un cas spécifique, mais emblématique, où une personnalisation particulière du rapport au travail pose le double problème de l’institutionnalisation et de la professionnalisation de cette activité. Le contexte d’apparition et celui de l’évolution de la médiation sociale, le manque de définition des missions confiées, les compétences attendues ainsi que celles mobilisées, la possibilité, enfin, d’entrevoir une carrière seront analysés. Les ambiguïtés d’une telle reconnaissance permettront d’esquisser les voies étroites d’une institutionnalisation et d’une forme nouvelle de professionnalisme.


 

©2018 by PLATEFORME TRAVAIL PAIR. Proudly created with Wix.com